MAJEJE AFRICA SAFARIS

Par Phil Paradis

Le rêve du kudu!

PARTIE 3

Cela fait maintenant quelques jours que je me lève tôt le matin en Afrique du Sud. Chaque jour nous présente un plus beau lever de soleil que le jour précédent. Un magnifique ciel orangé, la rosée fraiche, les oiseaux chantant nous souhaitant un joyeux matin. Quel plaisir de se lever et de traverser au lodge principal pour aller rencontrer le reste de l’équipe! Pour ma part, ma journée commençait avec un bon café, une assiette déjeuner avec œufs, bacon et saucisses et un bon refill de café pour l’avant-midi de chasse.

Depuis deux jours, nous observons un magnifique Kudu arborant une énorme couronne. Selon Luke, mon guide, il s’agit d’un trophée par la longueur de ses cornes, la finition de ces dernières qui pointent vers l’avant ainsi que par la largeur de ladite couronne. Ces magnifiques antilopes vivent souvent dans les montages près des vallées et sont rois et maitres dans ce type d’environnement. Selon mes observations, ces animaux, comme nos cervidés au Québec adorent les flancs de montagnes pour la vision qu’ils offrent et souvent l’abondance de nourriture. En effet le gros mâle, dont j’ai tant rêvé, ne lâchait jamais ce flanc lui offrant nourriture, vue d’ensemble des plaines et également sécurité avec la dense brousse quasi infranchissable. Tous les jours où nous avons pu l’observer, il était avec quelques mâles juvéniles et au moins 5 femelles. Sa harde, son troupeau à lui.

La dernière journée où nous l’avons observé, nous avons finalement tenté une approche après avoir analysé la direction du troupeau. Le géant était à l’extrémité gauche de la montagne. Une partie du groupe avait traversé vers le flanc opposé tout en se dirigeant vers la droite. Nous avions supposé qu’il serait possible de tenter une approche lente en montant tranquillement par la droite, ayant le vent pour nous et que nous ferions la rencontre ultime une fois rendu sur le sommet. Selon Luke et Thandi, le troupeau allait être plus bas. 

Je me souviens comme si c’était hier. Cette journée-là marquait le début d’une période de chaleur dépassant les 35 °C. Ma conjointe Kim et notre bébé Éli nous attendaient en bas de la montagne dans le véhicule. Avant d’entreprendre la traque, la température était supportable, j’avais demandé qu’on laisse une radio FM à Kim au cas où il arriverait quoi que ce soit. À mi-chemin, là il commençait à faire chaud! Nous avions laissé nos chandails plus épais il y a quelques centaines de mètres déjà. À ce moment, tout ce que je me répétais, c’était: j’espère que Kim et le bébé son corrects… 

À environ 100 mètres du dessus de la montagne, suffoquant par la chaleur intense, tout d’un coup on entend des animaux déguerpir à toute allure. À peine le temps de me tourner et j’aperçois un mâle juvénile Kudu suivi par LE mâle dominant que nous tentions d’approcher. Deux, trois bonds et ils étaient à nouveau disparus dans la brousse. Ces derniers n’avaient pas traversé le flanc. Ils étaient couchés sous l’épais couvert qui leur offrait un peu d’ombre. À ce moment, j’ai réalisé qu’ils avaient agi comme nos cerfs de Virginie du Québec. Ils étaient restés immobiles, nous entendant monter et dès qu’on les a dépassés, ils ont fui. Déception totale. Il était maintenant trop tard, avec la chaleur intense je ne voulais pas retenter une deuxième approche, ma conjointe et mon bébé nous attendant dans des conditions inconfortables. Ce fut ma dernière connexion avec ce magnifique mâle.

Le kudu est un animal méfiant que l’on surnomme le fantôme gris, car il ne reste jamais très longtemps à découvert.

La journée suivante ne fut pas productive. Aucun mâle ayant les standards de Majeje ne fut repéré. Je commence alors à compter les jours avant mon départ et me dis que peut être mon Kudu tant souhaité ne sera pas au rendez-vous. Luke ayant un mental inébranlable devant ses clients me répète constamment de ne pas désespérer, on va en trouver un, ce n’est qu’une question de temps. J’étais complètement focussé sur le Kudu. J’ai même laissé passer un magnifique Nyala parce que j’étais trop en mode Kudu. Ce sera d’ailleurs mon objectif pour mon prochain voyage à l’été 2026. En soirée, je m’installe dans un affût où on avait croisé une harde de gnous bleus. Ce dernier gibier était l’objectif que je m’étais fixé à l’arc avec ma superbe Bowtech Carbon One. La soirée fut riche en visite: Impala, Waterbuck, femelles Kudu sans toutefois apercevoir la harde de Gnous.

Après cette journée peu productive, nous retournons dans le secteur où le Kudu monstre se tenait. On s’installe à environ 1,5 km de la «fameuse» montagne pour faire du repérage avec des lunettes d’observation. Dès les premières minutes, on repère des Kudus. Femelles et jeunes mâles sont là. Quelques minutes plus tard, Thandi et Luke discutent ensemble dans un dialecte qu’il m’est impossible de comprendre cependant; je ressens de l’excitation dans leur langage. Luke me dit de m’approcher et de regarder dans le spotting scope en me faisant un clin d’oeil. À partir de la lunette, j’aperçois un Kudu avec 2 longues cornes qui mange sans se soucier de notre présence. Dès ce moment, je ressens une montée d’adrénaline. Ça y est! Nous devons nous approcher, furtivement, pour être à une distance de tir raisonnable. Nous empruntons un petit chemin à pied et entamons notre approche. À chaque 200 mètres environ, nous nous arrêtons pour s’assurer que notre position n’est pas compromise. Nous nous approchons tranquillement et la distance diminue tranquillement. 600 mètres, 520 mètres, 440 mètres, 375 mètres.

Parfait! La 6.5 creedmoor de mon guide sera léthale et efficace. On s’installe, ouvre le bipied, positionne le sac de sable, casse les quelques branches devant moi qui obstruent le passage. Il est mal positionné, nous devons attendre. L’avantage que nous avons c’est qu’aucune bête ne nous a repérés. On peut rester là à attendre sans problème. Mon cœur bat follement, je sais ce qui s’en vient. Les minutes deviennent interminables. L’attente dure plus de 45 minutes sur place, couché au sol à être toujours prêt. Enfin, il se retourne et on remarque une petite ouverture devant la zone vitale. J’ai le «OK» de Luke qui me recommande de tirer dans le bas de l’ouverture. Je prends une bonne respiration, relâche à la moitié et appuie tranquillement sur la détente. Le coup détonne dans la vallée et la bête déguerpit dans l’épaisse brousse. Un tir parfaitement positionné. Je suis heureux et sans mots! Luke et Thandi me félicitent. C’est une bête que l’on retrouvera assurément!

Déroulement de la chasse au kudu de l’auteur chez Majeje Africa Safari.

L’équipe de chiens de recherche ont fait un travail exemplaire! Très difficile de retrouver un gibier dans l’épaisse brousse des montages de ce secteur. À l’arrivé à côté de mon kudu, je fus impressionné par la grosseur de la bête ainsi que de la beauté de la couronne. Des magnifiques cornes en spirales longues et massives comme je souhaitais! Mon objectif était accompli chez Majeje Africa Safaris!

L’auteur et son trophée bien mérité!

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